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Les chiens de Pasvik

En librairie demain :

Les chiens de Pasvik

Olivier Truc Olivier Truc

J'avais déjà bien apprécié Olivier Truc avec, entre autres, « Le Dernier Lapon », « Le Détroit du Loup »….

Olivier Truc est un journaliste et écrivain français, qui habite à Stockholm depuis 1994. où il est correspondant au journal « Le Monde » pour les pays nordiques et baltes.

Dans « Les chiens de Pasvik » (Editions Métailié Noir), son dernier ouvrage, on retrouve la quatrième enquête de « la police des rennes », avec comme enquêteurs bien connus, Klemet Nango (plus lapon que les lapons), Nina, qui était partie (peut-être à cause de Klemet ?).

De toute façon, elle est de retour et va travailler avec Klemet sur un problème de rennes qui traversent la frontière norvégienne pour se rendre en Russie. Pour les rennes : «La frontière ? Une invention d'humains. ». Ils recherchent simplement leur subsistance basée sur du lichen qu'ils trouvent principalement en Russie. le problème est qu'au moins une cinquantaine de ces rennes sont passés.

L'enquête va être longue et fastidieuse mais Klemet et Nina sont habitués.

Ce livre est construit en courts chapitres – des phrases brèves, qui claquent et donnent ainsi un certain rythme à l'histoire – côté sol, il est enneigé, glacé, ça craque, ça vibre – on voit aussi de magnifiques paysages avec la taïga dans ce froid polaire.

Olivier Truc, avec cette enquête, nous fait part de multiples réflexions politiques avec l'évocation du KGB (КГБ) de l'Armée Russe et du Politburo réunis – du FSB (ФСБ) qui a remplacé le KGB – sans oublier le sujet principal de ce livre, à savoir « Les chiens de Pasvik. »

Ceux-ci sont sauvages : « Ces chiens ont un instinct de tueur, on le sait. On voit les dégâts qu'ils causent dans la vallée. Regardez-les, bon Dieu ! Les gloutons, les ours ou n'importe quoi les auraient mangés ces rennes. Mais là, vous voyez bien, non ! Ils ont été tués pour être tués, c'est tout, pas pour se nourrir. » (p.237)

Il y est aussi question de la sauvegarde de la nature (écologie) et des espèces animales en chassant les nuisibles, ces chiens dont la chasse est autorisée.

On trouve également toute une galerie de portraits de personnages, attachants ou pas – il y a de la corruption également (des mafieux, des trafiquants…) – on ressent la « chaleur russe » (Ruoššabáhkat) – mais on apprend également que cette viande de rennes (ainsi que les langues !) est en forte demande. Alors, qui est plus dangereux pour ces rennes qui ne demandent qu'à trouver de la nourriture : les hommes, les chiens errants ?

Avec cet ouvrage, Olivier Truc, dans ses « Remerciements », écrit que l'idée de ses livres lui vient de ses carnets de reportages qu'il a gardés précieusement – qu'il a eu « la chance de travailler sous ces latitudes avec de formidables photographes » qu'il nous invite à découvrir : Olga Krapers et Céline Clanet pour qui il nous signale les sites Internet.

Bien entendu, je préfère ne pas dévoiler plus de cette histoire passionnante afin de laisser place à la découverte.

Un éloge parmi d'autres ? : « Le Français Olivier Truc se hisse au niveau des plus grands auteurs nordiques de noir. » (Marc Fernandez.)

Nadia D'Antonio

Edité par Métailie, 11 mars 2021

21 €


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